Reconquête : scène 2

Reconquête : scène 2

La suite de l’opération de reconquête s’est déroulée au retour des vacances de février, le 6 mars, au lycée Jean Perrin de Saint-Ouen-l’Aumône (95). Les représentants de la région Ile-de-France, de l’académie de Versailles, de CGI et Axess-OMT, et du SNPDEN se sont réunis autour du Proviseur Laurent Fouillard et de son équipe, pour étudier et lever les obstacles à la réintégration de Lilie dans la vie du lycée.

La cour du lycée Jean Perrin

Le lycée Jean Perrin

L’équipe du lycée est unanime : pour espérer séduire à nouveau les professeurs, il faut que les services de Lilie fonctionnent.  Après deux rentrées très difficiles en 2011 et 2012, avec une solution instable et des parents qui ne parvenaient pas se connecter à l’ENT,  le Proviseur ne veut prendre aucun risque. « On ne peut pas se permettre de proposer quelque chose qui ne soit pas entièrement opérationnel », affirme Laurent Fouillard. «Je souhaite que la prochaine rentrée soit sereine ».


Le proviseur Laurent Fouillard  Vue d'ensemble de la rencontre   Le proviseur Laurent Fouillard présente les enjeux de la rencontre

Trop lents

Premier grief reproché à Lilie : sa lenteur. Lors du chargement de l’annuaire de Lilie, des lenteurs conséquentes ont été constatées par les équipes administratives, alors que la mise à jour régulière de l’annuaire et sa cohérence avec les annuaires fédérateurs (STS et SIECLE) sont nécessaires pour que les services de l’ENT fonctionnent correctement. Elles ont été corrigées par CGI mais le lycée devra procéder à de nouveaux tests, bien en amont de la rentrée, et construire des bases les plus complètes et les plus propres possibles.

Les représentants de la CGI

Les représentants de CGI

Il en va de même pour le cahier de textes : la lenteur du chargement des pages rendait son utilisation pénible. Avec une connexion fibre optique très performante et un accès à Lilie non ralenti en sortie, l’équipement du lycée n’est pas en cause.  Le problème viendrait plutôt de l’exécution des scripts, et plus précisément de Javascript. « Un travail important a été fait autour des services de l’ENT, toute la gestion de la mémoire a été revue », affirme la représentante d’OMT Christelle Burtin. « Si des lenteurs significatives persistent, il faut les faire remonter. »

Les cahiers de textes et la messagerie, points d’appui de la reconquête

La reconquête ne sera pas précipitée : « Vouloir tout reconquérir en même temps est risqué », souligne Alain Suran, le représentant du syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN). Pascal Cotentin, Délégué Académique au Numérique de l’académie de Versailles acquiesce : « La reconquête sera progressive, elle se fera au fur et à mesure. » 

    Pascal Cotentin Alain Suran

Pascal Cotentin (Académie) et Alain Suran (SNPDEN)

Lilie devra donc regagner la confiance de ses utilisateurs service par service. Et au lycée Jean Perrin, les efforts se concentreront sur deux d’entre eux : le cahier de textes et la messagerie.

Pour le cahier de textes tout d’abord, Lilie peut compter sur ses atouts : des fonctionnalités très riches, un design « sympathique » aux dires de ses utilisateurs, et l’obligation pour tous les établissements de présenter un cahier de textes sous forme dématérialisée.  « Mais il faudra que cela fonctionne, sinon chaque professeur risque d’opter pour le cahier de textes qui lui convient, et on ne s’en sort pas », prévient le Proviseur, qui a eu à gérer l’an passé jusqu’à 4 cahiers de textes différents, Pronote, Lilie  et parfois même…Google !

Les professeurs souhaitent cependant que des améliorations soient apportées et demandent notamment la création d’une « vue élève » pour vérifier que ce qu’ils ont publié dans le cahier de textes apparaît correctement du côté des élèves.

La représentante d'OMTEric Mercier

Les représentants d'OMT et CGI à l'écoute de l'administrateur réseau du lycée

La messagerie est le deuxième service qui pourrait permettre à Lilie de réussir son retour au lycée Jean Perrin. « Un vrai service de messagerie interne nous manque », explique Eric Mercier, professeur de mathématiques et administrateur du réseau du lycée. « Nous avons reconstitué un système équivalent à celui de l’ENT, avec des briques séparées pour chacun des services, les notes, les absences, le cahier de textes, mais nous n’avons pas vraiment de messagerie ».

Et c’est la réponse à ce besoin qui pourrait justifier le retour de Lilie. « Les échanges entre les parents, les élèves et les professeurs sont très denses », précise Laurent Fouillard. « Nous sommes un établissement qui communique énormément avec les parents mais il nous manque un vrai support pour cela. Pour l’instant, tout fonctionne avec des adresses personnelles. »

Pascal Cotentin et le proviseur Laurent Fouillard

Pascal Cotentin et le proviseur Laurent Fouillard

Sans compter les économies d’envois papier que pourrait permettre la mise en œuvre d’une messagerie. « C’est un service prioritaire pour nous », résume le Proviseur. Les fonctionnalités de l’ENT francilien pourraient donc bien répondre à de véritables besoins du lycée Jean Perrin et être les points d’entrée de la reconquête. 

Batterie de tests

Mais il n’est pas question de basculer vers les services de Lilie sans avoir auparavant éprouvé soigneusement leur fonctionnement. Un seul mot d’ordre : tester. Des groupes d’utilisateurs constitués de parents, d’élèves et de professeurs auront la charge de tester les services de Lilie en amont de la rentrée. Ils devront signaler les problèmes et les lenteurs qu’ils rencontreront aux industriels CGI et Axess-OMT pour correction. Lilie doit faire ses preuves avant septembre.  Rendez-vous est pris entre les équipes du lycée, l’académie et les industriels les 10 avril et 15 mai prochains, pour organiser au sein de l’établissement les premiers tests autour des modules choisis (cahier de textes et messagerie notamment), ainsi que sur les annuaires. Il s’agira également de fédérer à nouveau les utilisateurs autour de l’ENT.

Guy Daroles, Pascal Contentin et Laurent Fouillard

  Guy Daroles, Pascal Cotentin et Laurent Fouillard face à Eric Mercier

Un environnement favorable à la reprise

Lilie peut compter sur des alliés au lycée Jean Perrin, où la culture du numérique est fortement implantée depuis plus d’une vingtaine d’années. Jean Perrin est en effet un lycée technologique spécialisé dans les sciences de l’ingénieur, où 800 postes informatiques sont à la disposition des élèves et des professeurs.
La DSI de l'Académie de Versailles« Nous pensons que les outils de Lilie ont leur place dans l’établissement », ajoute Laurent Fouillard, pour qui un espace de collaboration et un système d’information comme celui de l’ENT est d’une utilité indiscutable. L’établissement a toujours suivi, aidé et accompagné le projet Lilie, même dans les moments difficiles. Lilie peut donc compter sur la bonne volonté des équipes pédagogiques, toujours prêtes à de nouvelles expérimentations. Le lycée peut également se prévaloir d’administrateurs réseau compétents, investis et fiables, capables non seulement d’intervenir pour la maintenance, mais également auprès des professeurs dans l’accompagnement à l’utilisation de l’ENT.

Du nouveau !

Pour espérer reconquérir les utilisateurs, et notamment les professeurs, Lilie ne doit pas simplement montrer que ce qui aurait dû fonctionner, fonctionne effectivement, il faut d’autres arguments pour convaincre, comme des fonctionnalités nouvelles.

Marcelo Rodrigo« Des évolutions notables sont au programme », précise Marcelo Rodrigo, qui a repris le projet ENT chez CGI il y a quelques mois. «  Nous avons corrigé de nombreux problèmes et stabilisé la solution, mais également travaillé autour d’améliorations pour donner une image agréable et différente de la solution ». Si les tests de fonctionnement sont réussis, c’est une Lilie toute neuve qui pourrait faire son apparition à la rentrée. « Il faut montrer que l’ENT a changé », soutient Pascal Cotentin.

L’enjeu à venir pour l’ENT sera donc d’une part de proposer de fonctionnalités nouvelles de grande qualité et d’autre part, de veiller à ce que toutes ces fonctionnalités puissent être utilisées correctement. De nouveaux transferts de compétences en direction des formateurs académiques et un accompagnement renforcé  vont être organisés par CGI, par la Mission Académique au Numérique Educatif (MANE)  et par la Direction des Services Informatiques de l’académie de Versailles afin que la rentrée se passe bien au niveau technique comme dans la prise en main de l’ENT, pour susciter à nouveau l’envie et les usages.

Une salle de classe du lycée