Questions à CGI, intégrateur de Lilie

Questions à CGI, intégrateur de Lilie

Un groupe des représentants de lycées franciliens recevaient le 12 juin 2013, au lycée Gustave Eiffel à Paris, Marc Dessirier, directeur secteur public et transport de la société CGI et Cédric Gaury, chef du projet Lilie pour CGI.

Cédric Gaury et Marc Dessirier (CGI)


L’enquête réalisée par le SNPDEN révèle un niveau d’insatisfaction élevé de la part des équipes des lycées. Quelle est la part de responsabilité de CGI dans cette situation ?

Je dois d’abord vous rappeler que le projet Lilie est lourd et complexe. CGI est l’intégrateur d’une solution qui est développée par deux éditeurs, CGI et Axess-OMT. Par ailleurs, c’est une solution en Open Source que nous intégrons pour la région Île-de-France mais également pour d’autres collectivités. La multiplicité des maitrises d'ouvrages fait la richesse de ce projet. Mais tant que la gouvernance du projet n’est pas complètement opérationnelle*, je me trouve face à des clients qui me demandent des choses différentes, parfois incompatibles, et que je dois tâcher de satisfaire. Je vais prendre un exemple : celui de la fédération d’identités. Les demandes ne sont pas les mêmes d’une collectivité à l’autre. Or, nous souhaitons développer une seule solution. Notre contrat nous y oblige. Sinon, la dynamique du libre serait compromise.

Vous avez devant vous des utilisateurs de Lilie, pas de l’OpenENT !

Je vous parle de l'OpenENT pour que vous soyez informés des conditions dans lesquelles nous travaillons. Nous avons 40 personnes sur ce projet à Bordeaux, Rennes et Lyon. C'est pour nous un projet stratégique pour lequel nous mobilisons une équipe conséquente et compétente.

Ne croyez-vous pas que vous avez sous-estimé les difficultés au départ et que c’est cela que nous payons aujourd’hui ?

La complexité du projet est réelle. Nous batissons une solution technique basée sur des options de départ qui répondent au cahier des charges de la Région. Par exemple, disposer d’une messagerie interne n’était pas un choix de CGI. Aujourd’hui la volonté est de l’ouvrir. Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes sur une solution qui se doit également d’adapter ses services aux nouveaux et futurs usages.

Jean-Luc Héraud

Il y a quand même des services très simples, les blogs, les forums par exemple pour lesquels votre solution n’est fonctionnellement pas au niveau. C’est un problème de base qui explique que beaucoup de gens ne sont pas rentrés dedans.

En 2012, nous avons choisi de nous aligner sur les standards techniques du marché. Nous avons changé le socle de la solution en mars dernier. L’alignement de tous les services sur le nouveau socle sera achevé au début de l’année 2014. Nous serons alors au niveau pour reprendre votre expression.

Pouvez-vous prendre un engagement à propos de la synchronisation directe des données de l’emploi du temps avec celles de l’ENT ?

Je le pourrais plus aisément si cela ne dépendait que de nous. Vous savez qu’il existe deux solutions du marché qui couvrent la quasi-totalité des besoins. Pour la solution d’OMT, il n’y a pas de problème. Mais pour la solution EDT, nous dépendons de son éditeur.

Donatelle Poitreneau

Depuis le début du projet, on nous annonce des évolutions à des dates qui ne sont pas tenues. L’effet est catastrophique. La confiance diminue. Vous devez savoir qu’un lycée fonctionne par année scolaire. Ce qui n’est pas opérationnel à la rentrée est perdu pour l’année.

Je ne peux répondre que pour ce qui me concerne. Sans aucun doute, il y a des retards. Mais il y a des choses qui ne dépendent pas que de nous. Je vous ai donné l’exemple de l’emploi du temps : nous dépendons dans ce cas des éditeurs des solutions du marché utilisées par les lycées. S’ils ne jouent pas le jeu, je n’ai pas les moyens de les obliger.
Ceci étant dit, il faut quand même fixer des délais. Pour l’emploi du temps, nous ferons tout pour résoudre le problème avant la fin de l’année. Mais je suis d’accord avec vous : pour les lycées, les retards sont particulièrement pénalisants.

Beaucoup d’enseignants nous disent que le cahier de textes est difficile d’accès et que beaucoup de professeurs préfèreraient une solution plus simple. Pourquoi ne répondez-vous pas à cette demande?

Je crois que cette réputation de complexité du cahier de textes n’est plus méritée. Elle se réfère à la première version. Depuis, le service a beaucoup évolué et s’est simplifié. Nous avons des utilisateurs heureux ! Nous devons certainement mieux communiquer sur ces évolutions et sur les changements de version.

* La mise en place d'une gouvernance de l'OPEN-ENT est en cours d'élaboration. Une première présentation en a été faite à la Cantine le 25 juin 2013.