Lilie, ils y tiennent !

Lilie, ils y tiennent !

Le lycée Marie Laurencin de Mennecy dans l’Essonne accueille 1250 élèves, quelques sections professionnelles et une majorité d’élèves de seconde, première et terminale. Depuis 4 ans, l’équipe de direction mène une politique volontaire dans le domaine du numérique. Et Lilie en est évidemment l’un des instruments.

Alain Moreau et Olivier Pla

Une direction à deux voix

Le proviseur Alain Moreau et son adjoint Olivier Pla tiennent à Lilie. La page publique de l’ENT est devenue, depuis la fin de la dernière année scolaire, le site Web de l’établissement. L’équipe de direction mais également la documentaliste y postent régulièrement des actualités : l’annonce du report d’une journée d’intégration et un texte réglementaire sur les Bourses en cette rentrée de septembre.Problème cependant : « lorsque Lilie a été interrompu cet été, notre page n’était plus accessible !... ».

Page publique d'accueil le 18 septembre 2014

Vue de la page publique, le 18 septembre 2014

Les services de notes et d’absences sont gérés pour l’ensemble du lycée par la solution Pronote mais l’accès se fait obligatoirement par l’ENT : « Nous sommes convaincus que la formule Lilie est intéressante, en particulier sur le plan pédagogique. Mais ce n’est pas encore dans les habitudes des collègues. Il faut être persévérant. »

La messagerie est utilisée dans l’établissement de façon systématique mais celle de Lilie l'est encore peu : « Avec les enseignants, nous utilisons lesadresses académiques. Le problème avec la messagerie Lilie c’est que lorsqu’on fait un transfert automatique, il faut penser à ne pas répondre, sinon le message se perd dans les brumes de l’Internet… Par contre, nous sommes très stricts sur la boite académique, nous ne prenons pas en compte les adresses personnelles. »  Pour communiquer avec les familles, l’équipe de direction et les enseignants utilisent le dispositif de message disponible dans Pronote.

Inscription en ligne

Alain Moreau, proviseurDepuis deux ans, le lycée Marie Laurencin et les collèges de son secteur expérimentent un dispositif national d’inscription en ligne et de fiche individuelle. Le service fonctionne correctement : environ 80% des parents ont pu inscrire leur enfant en seconde sans avoir à se déplacer. Certains ont préféré venir voir le lycée ou s’assurer que leur inscription était effective.

Un regret cependant pour le proviseur : « nous souhaitions que les parents puissent visiter la page publique de l’ENT au moment de l’inscription mais l’adresse sur le formulaire académique n’était pas visible et comme notre ancien portail n’est pas encore fermé, notre nouvelle page est encore difficile  trouver ».

Une autre difficulté est signalée à propos des représentants légaux : «  Comme l’ordre des représentants légaux dans la base académique ne coïncide pas toujours avec celui de Lilie, nous devons procéder à une vérification pointilleuse. Sans cela, les élèves et les parents ont du mal à activer leur compte. »

Espaces et projets collaboratifs

Olivier Pla, proviseur adjointAu début et en cours d’année scolaire, le proviseur dépose dans les espaces collaboratifs des dossiers documentaires : pour les enseignants, ceux nouvellement nommés notamment, un ensemble de documents sur le lycée, l’orientation ; pour les représentants de parents d’élèves, les comptes-rendus des conseils de classes.

De son côté Olivier Pla souhaite évoquer un projet pédagogique auquel il tient particulièrement : « Les 5 lycées de notre bassin réfléchissent à un projet de mutualisation des TPE (travaux personnels encadrés) qui pourrait exploiter les groupes inter-établissements de Lilie. Les élèves seraient invités à déposer leurs documents de travail et leurs projets dans des espaces communs ; les enseignants pourraient ensuite les consulter et les corriger. Je pense aussi à un outil de stockage des documents audio pour les professeurs de langues. Ce serait très pratique. Le service n’existe pas encore, ce serait bien de le prévoir pour l’avenir ».

Cahier de textes et autres services

L’équipe de direction tient au cahier de textes de Lilie. Elle a donc logiquement inhibé l’accès à celui de Pronote. Ses arguments sont solides : « On ne peut pas imaginer d’avoir deux cahiers de textes, personne ne s’y retrouverait. Or celui de Lilie est plus performant. Sans doute plus exigeant mais plus intéressant sur le plan pédagogique. Certains professeurs éprouvent des difficultés mais d’autres l’utilisent et en sont satisfaits. Là encore, nous devons être persévérants. »

Avant de passer dans la salle des professeurs pour y recueillir l’avis des enseignants, un arrêt dans le hall d’accueil et le CDI nous permet de vérifier, auprès d’élèves de première et de terminale qu’effectivement, l’an passé, certains enseignants, de mathématiques, de physique, d’anglais, nous dit-on, remplissaient le cahier de textes régulièrement et d’autres non. Dans quelle proportion ? Difficile à dire. Et les élèves non plus ne le consultaient pas tous de façon régulière.

Ellula et Solène

Ellula et Solène, élèves de 1e L, tentent de se souvenir de leurs usages de l'ENT en seconde...

Les enseignants que nous rencontrons ensuite dans la salle des professeurs sont, pour certains d'entre eux, franchement hostiles : « Le cahier de textes est compliqué, pas intuitif, lourd, lent. Copier/coller une séance faite dans plusieurs classes, c’est difficile. On a eu accès pendant quelques temps au cahier de textes de Pronote, beaucoup plus simple. Et puis, on nous l’a ensuite retiré. On ne comprend pas. »

Une professeure de lettres classiques en poste ici depuis plus de 10 ans et une toute jeune professeure d’histoire-géographie stagiaire partagent le même scepticisme à l’égard du numérique : souvent complexe et pas toujours utile. Mais toutes deux s’acquittent scrupulesuement de leurs obligations administratives numériques. La première limite ses usages au strict nécessaire, la seconde sait qu’elle va devoir s’y mettre : en début d'année, elle a donné son mail académique à ses élèves de terminale, elle produit et diffuse ses cours sur diaporama, elle attend enfin l’ouverture du cahier de textes pour aller voir…

Du côté des bons points de l’ENT, plusieurs professeurs se rejoignent : « La réservation de salles fonctionne bien et c’est pratique. Les espaces de stockage partagés c’est également utile. »

Karen, Amélie et Caroline, professeures

Karen, Amélie et Caroline, professeures

De son côté, la documentaliste, Caroline Chanon, a investi Esidoc il y a deux ans. Le service est surtout utilisé pour les TPE. Le passage par Lilie est obligatoire et familiarise les élèves avec leur ENT. Caroline publie régulièrement des actualités : « je fais l’effort de les adresser aux groupes d’usagers intéressés. Je viens de publier une information pour prévenir les élèves qu’il est possible d’obtenir une aide de la Région pour créer un cinéclub. Je leur ai donné le lien sur le Forum des Images pour cette opération. J’utilise aussi l’actualité pour informer les enseignants sur les actualités culturelles, l’orientation, les acquisitions. »

Transition ?

Une équipe de direction volontaire et persévérante ; des professeurs incontestablement déstabilisés par la coexistence de deux outils concurrents au sein du même établissement. La situation, dans ce lycée, comme dans beaucoup d’autres en Île-de-France, est transitoire. Tôt ou tard, il va falloir choisir : l’objet même de l’ENT en effet est de rassembler les services numériques de l’établissement, vie scolaire, pédagogie, communication, sur une plateforme unique.



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