Les leçons d'une enquête

Les leçons d'une enquête

Le ministère de l’éducation nationale a publié récemment les résultats d’une enquête sur les usages des ENT dans 29 académies. Le document mis en ligne sur le site Eduscol permet notamment de mesurer les évolutions depuis 2012, date de la précédente enquête.

Graphique 1

L’enquête est composée de plusieurs questionnaires adressés aux différents « profils » d’utilisateurs de l’ENT : porteurs des projets, chefs d’établissements, enseignants ou enseignants-documentalistes, élèves et parents d’élèves. Chaque questionnaire est lui-même constitué d’une série de questions, en général fermées.

L’analyse fournit, pour chaque question, une représentation visuelle de la distribution des réponses en pourcentage, assortie d’un bref commentaire reprenant celles qui paraissent les plus significatives.

De cet important corpus de données, nous avons extrait trois constats qui nous ont paru éclairants sur les usages actuels des ENT en général et qui pourraient éclairer à leur tour ceux de Lilie dont il sera question dans un prochain article.

Les niveaux d’usages de l’ENT par profils semblent stabilisés : 72% pour les enseignants, 67% pour les chefs d’établissements, 31% pour les élèves et 40% pour les parents d’élèves.

Chez les « professionnels », le niveau d’adoption de l’ENT semble ainsi être parvenu à un seuil (peu d’évolutions depuis 2012) qu’il sera difficile de dépasser. En comparaison, le niveau d’usage des élèves et des parents parait singulièrement faible. Pour expliquer cet écart, il serait intéressant de connaitre la dispersion des niveaux d’usages de chaque profil par établissement. On peut en effet imaginer que, dans un même établissement, si les usages de l’ENT par les enseignants sont importants, ceux des élèves et des parents le sont également. Mais cette relation doit être démontrée.

Une évaluation réalisée en Midi-Pyrénées montre bien que les usages des professeurs ont tendance à entrainer ceux des élèves même si la fréquence d’usage des élèves est nettement moindre que celle de leurs professeurs : dans un même lycée, un élève visite l’ENT trois fois moins souvent que son professeur.

La formation n’est pas une condition indispensable à l’usage de l’ENT

La formation des enseignants est souvent présentée comme une condition impérative de développement des usages du  numérique en général, de l’ENT en particulier. L’enquête infirme cette idée : les fréquences d’usages sont les mêmes chez les enseignants, qu’ils aient ou non suivi une formation.

Pour 2 chefs d’établissements sur 3, l’ENT figure dans les ressources stratégiques mobilisées par l’établissement dans la mise en œuvre de son projet.

Ce constat donné en conclusion du rapport se nourrit de plusieurs réponses fournies par les chefs d’établissements relativement à leurs usages de l’ENT :

  • 60% utilisent la messagerie plus d’une fois par semaine,
  • 75% utilisent l’ENT pour la communication administrative dont 26% de façon exclusive,
  • Plus de 80% des chefs d’établissements ont une perception positive des effets de l’ENT sur la vie de l’établissement, l’information et les relations interpersonnelles, les apprentissages des élèves.

L’enquête EvaluENT est très éclairante à propos du développement des ENT et de leur usage sur l’ensemble du territoire. Elle l’est moins - et c’est dommage - sur les dynamiques d’usages à l’œuvre dans les établissements et sur l’utilisation collective de l’ENT. Certains établissements peuvent être très utilisateurs, d’autres moins, et l’enquête, en livrant des résultats systématiquement lissés sous forme de moyennes, ne rend pas compte des disparités entre établissements et leur signification.