Jouer le jeu, malgré tout

Jouer le jeu, malgré tout

Rozenn Dagorn enseigne l'économie-gestion au lycée Turgot depuis 2004, en classes de BTS puis en classes préparatoires à l'expertise comptable depuis deux ans.
Elle est aussi l'un des trois administrateurs de Lilie avec deux autres professeurs d'économie-gestion et le proviseur mais aujourd'hui, nous l'interrogeons sur ses usages pédagogiques de Lilie avec les élèves.

 

Rozenn DagornRozenn Dagorn enseigne l'économie-gestion au lycée Turgot depuis 2004, en classes de BTS puis en classes préparatoires à l'expertise comptable depuis deux ans.

Elle est aussi l'un des trois administrateurs de Lilie, avec deux autres professeurs d'économie-gestion et le proviseur. Aujourd'hui, nous l'interrogeons sur ses usages pédagogiques de Lilie avec les élèves.

Vous êtes une utilisatrice aguerrie des TIC, pas seulement pour préparer vos cours mais aussi avec vos élèves. Pouvez-vous nous parler de vos pratiques ?


J'utilise les outils collaboratifs avec mes élèves depuis plusieurs années. En BTS d'abord, avec un collègue, nous avions mis en-ligne un wiki amélioré avec authentification. Notre idée était de mettre en place un point central pour fédérer nos ressources, de pouvoir dire aux élèves « si tu n'as pas tes ressources, va là ». Nous l'avions baptisé CARPET pour Campus des Ressources Pour les Etudiants de Turgot. C'était plus facile pour eux de tout avoir au même endroit. Et puis: « va sur Carpet », ça fonctionnait bien ! Il faut dire qu'il s'agissait d'élèves très à l'aise avec ces outils puisqu'ils suivaient un cursus en informatique. Ils connaissaient l'adresse du site par cœur tout comme leurs identifiants et mot de passe, c'est révélateur. Certaines pages étaient ouvertes en écriture aux élèves. Pour leur présenter le fonctionnement de l'édition, j'avais travaillé à partir d'un cadavre exquis.

Qu'est-ce qui vous a amenée à abandonner ce site ?


A mon arrivée en classes préparatoires, j'ai abandonné le wiki pour 'Google Sites' car je ne pouvais plus compter sur des collègues informaticiens pour m'assister sur le plan technique, pour l'hébergement notamment qui posait quelques problèmes de stabilité. Je suis d'une certaine manière devenue plus indépendante !

Lycée Turgot - Elèves

Vos élèves acceptent-ils facilement d'utiliser ces outils ?


Les élèves que j'ai aujourd'hui en classes préparatoires sont des utilisateurs avertis de l'informatique sans pour autant qu'elle soit une discipline au cœur des enseignements. Il n'y aucune réticence chez eux face aux TIC, c'est la fameuse génération Y.

Pour moi, Lilie est à la fois un objet et un outil d'enseignement.

Dans le cadre de mon cours, l'informatique est primordiale, je tiens à éveiller en eux une réflexion sur l'identité numérique. Avant l'arrivée de Lilie, j'utilisais donc avec eux un site Google Sites avec authentification. Il était ouvert à l'ensemble des collègues, certains s'en étaient saisis. J'éditais pour ma part un site complet  avec cahier de textes, agenda partagé, ressources, liens, billets plus récréatifs par exemple sur l'art et le numérique. Il y avait aussi, à l'entrée du site, un chrono qui décomptait les jours jusqu'à l'examen, c'était très apprécié.
En début d'année, je leur disais « vous voyez, nous sommes à 250 jours de l'examen... ». Comme pour Lilie aujourd'hui, je créais des scénarios pédagogiques qui les obligeaient à se connecter.

Vous échangez par mail avec eux ?


Je ne donne pas mon mail aux élèves, nous échangeons exclusivement par la messagerie de Lilie. Ils doivent apprendre à ne pas tout mélanger, j'insiste sur la différence entre la sphère privée et la sphère professionnelle. La messagerie interne permet de mettre les échanges par courrier électronique en contexte. Ils n'y sont pas habitués. Avec la messagerie, je constate que même ceux qui sont introvertis en cours me sollicitent. Par contre, avec la messagerie de Lilie, c'est vraiment contraignant de ne pouvoir insérer ni pièces jointes ni lien vers un document stocké dans un espace de travail partagé.

Rozenn Dagorn 2Vous utilisez le cahier de textes de Lilie, pouvez-vous nous en parler ?


Je l'utilise pour ces classes et essaie de faire partager ma pratique à d'autres professeurs de ces classes. L'approche par chapitre est contraignante car elle est très structurante. Nous, les enseignants, sommes habitués à travailler à partir d'une approche calendaire. Ce serait donc bien pour nous de pouvoir disposer aussi  d'un affichage des activités à partir d'un calendrier. Aujourd'hui, si je veux savoir ce que j'ai fait ces deux derniers mois, je suis obligée de consulter les activités, chapitre par chapitre.
Les élèves n'ont pas la même vue que nous, ils ont eux une vision calendaire. Leur cahier de textes est structuré à partir du travail à faire.
Cette année, pour l'ouverture aux élèves, il a fallu attendre jusqu'aux environs de la Toussaint, ça a été très pénalisant. Le fait que la création des groupes soit liée à STS Web explique ce retard, je le sais. Si la création des groupes était liée aux données issues du logiciel d'emplois du temps, ce serait bien plus simple.

Utilisez-vous d'autres services de Lilie ?


L'agenda partagé m'est très utile. J'ai des horaires flottants les mercredis matins, il m'arrive de faire cours en classe entière, en demi-groupes, 2 ou 4 heures. Pour savoir ce qui les attend le prochain mercredi, les élèves se connectent systématiquement à Lilie.
J'ai aussi ouvert un blog sur lequel j'ai mis une vidéo sur l'art et les nouvelles technologies de l'information. Il y a quelques commentaires d'élèves. Mon objectif est de les amener à diversifier leurs usages.
Pour l'instant, je cherche encore comment utiliser Lilie pour le suivi des élèves partis en stage. Mes collègues me demandent de remettre un outil en place. Sur Google, les élèves devaient noter chaque semaine ce qu'ils faisaient. Lorsque nous étions connectés en même temps, il nous arrivait de chatter. La mise à jour du fichier sur Google faisait partie de l'évaluation. C'était très bien.
Lilie a ses limites mais s'il y a des outils à disposition, je souhaite vraiment les utiliser et en tirer le meilleur profit.


Photos : Jean-Michel Turpin