Intéressant, mais pas au point...

Intéressant, mais pas au point...

Le déploiement de Lilie dans les lycées ne se passe pas toujours bien. Au lycée Guy de Maupassant de Colombes, les problèmes techniques et l'absence de fonctionnalités considérées comme essentielles ont eu raison de l'enthousiasme de l'administrateur local et de l'engagement initial du proviseur.


Le déploiement de Lilie dans les lycées ne se passe pas toujours bien. Notre site se doit d'en tenir compte et de témoigner des difficultés comme des succès.

Au lycée Guy de Maupassant de Colombes, les problèmes techniques et l'absence de fonctionnalités considérées comme essentielles ont eu raison de l'enthousiasme de l'administrateur local et de l'engagement initial du proviseur. Le déploiement a été stoppé. Provisoirement l'espèrent le proviseur du lycée, Jean-Paul  Billet, et l'administrateur de l'ENT, Yann Merdy, que nous avons interrogés sur la situation de Lilie dans leur établissement.

Lycée Guy de Maupassant, vue extérieure


Yann Merdy, professeur de mathématiques, bénéficie depuis cette année, avec l'une de ses collègues, d'une décharge à mi-temps comme administrateur de Lilie et responsable de l'entretien du parc informatique du lycée (environ 300 PC) ainsi que du développement de l'usage des TIC par les enseignants : organisation de stages de formation et d'initiation, accompagnement pédagogique.

Le lycée Guy de Maupassant appartient à la vague 2 de déploiement de Lilie dans l'académie de Versailles. La préparation a commencé en avril 2010. A la rentrée de septembre, les administrateurs étaient prêts, des formations programmées, le chef d'établissement mobilisé. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu... 

Lycée Guy de Maupassant, vue intérieure

« Nous devons préciser tout d'abord que nous sommes favorables au projet Lilie.

Nous trouvons même que le concept est excellent : trouver tout ce dont on a besoin au même endroit, avec un accès facile, c'est une bonne idée.

La phase de préparation avec la correspondante de Logica, disponible et efficace, s'est bien passée. A la rentrée, nous étions prêts. Nous avons distribué les identifiants à tous les personnels de l'établissement, nous avons organisé des formations internes, nous avons mobilisé les collègues qui étaient intéressés par la nouveauté. Mais après plusieurs semaines d'utilisation, plusieurs choses sont apparues comme des obstacles qui nous ont finalement freinés dans notre élan.

Le plus gênant est de ne pas pouvoir attacher de documents dans les 

courriers. Pour un chef d'établissement qui communique beaucoup par 

mail et qui a presque toujours besoin de joindre un document à ses 

messages, c'est ingérable.

Les professeurs ont continué à privilégier leur boite mail traditionnelle. Quand on compare Lilie avec G-Mail ou Google-Docs par exemple, les faiblesses apparaissent immédiatement. Les professeurs de STG qui traitent parfois des dossiers de plus de 15 Mo, devraient pouvoir faire un lien entre Lilie et notre serveur interne.

A la rentrée, nous étions prêts. Nous avons distribué les identifiants à tous les personnels de l'établissement, nous avons organisé des formations internes, nous avons mobilisé les collègues qui étaient intéressés par la nouveauté.

Nous avions aussi des problèmes avec les cahiers de textes qui apparaissaient et disparaissaient. Nous avons expliqué aux collègues : pas de panique, les choses vont s'arranger, c'est un nouveau produit, il a besoin de réglages... Mais les problèmes se sont accumulés.

Parfois, l'accès était lent. Et puis, Lilie n'est pas intuitif. Le cahier de textes n'est pas directement associé à l'emploi du temps. Les fenêtres de saisie sont trop petites : il faudrait les agrandir pour avoir davantage de confort.

Aujourd'hui,très peu de professeurs se servent de Lilie. Des identifiants ont été distribués aux élèves d'une classe de terminales et les professeurs de cette classe essaient d'intégrer Lilie dans leur pédagogie. Mais la lenteur, les manipulations nombreuses et peu intuitives continuent de poser problème. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette situation.

En ce qui nous concerne, nous voulons que l'ENT fonctionne, parce que nous sommes certains que, lorsqu'il répondra correctement à nos attentes, nous ne pourrons plus nous en passer !

Alors, que faire maintenant ? 

Nous souhaitons que le produit évolue mais nous aimerions tout de même pouvoir lui donner un second souffle cette année. 

Pour cela, il faudrait que quelqu'un vienne nous voir et nous aide. Nous avons besoin de plus d'échanges avec les responsables techniques du projet. Il faudrait surtout organiser une rencontre entre les équipes de Logica et celles des lycées. Il faut aussi prendre le temps d'expliquer aux professeurs pourquoi il y a des problèmes et comment ils vont être résolus. Il est toujours préférable de dire les choses. »

Lycée Guy de Maupassant, vue intérieure 2

Photos : Bertrand Blanchet