Infirmière scolaire elle accueille, elle écoute

Infirmière scolaire elle accueille, elle écoute

Anne-Marie Mallet est infirmière au lycée du Parc de Vilgénis de Massy depuis 9 ans. Elle a accepté de nous présenter son métier et de nos parler de ses attentes vis à vis de Lilie.


Anne-Marie Mallet, infirmière

Anne-Marie Mallet est infirmière au lycée du Parc de Vilgénis de Massy depuis 9 ans. Elle a accepté de nous présenter son métier et de nous parler de ses attentes vis-à-vis de Lilie.




Pouvez-vous nous présenter votre mission au sein du lycée ?

L'infirmerie est ouverte de 8h à 18h et nous sommes trois infirmières à temps partiel pour assurer son fonctionnement. Nous partageons nos locaux avec l'assistante sociale qui intervient 3 jours par semaine. En plus des soins, des urgences et du suivi des élèves ayant une pathologie ou un handicap, notre rôle est également de faire le lien avec les parents et les partenaires extérieurs. En effet, nous sommes là pour mettre en place des passerelles, aider le jeune à trouver les bons interlocuteurs pour construire son projet personnel, devenir responsable de ses choix de vie.

Êtes-vous bien repérées par les lycéens ?

Bon nombre d'élèves viennent nous voir spontanément, l'infirmerie est très fréquentée. Nous voyons en moyenne 30 jeunes par jour, il y a une demande d'écoute grandissante. On reçoit également les jeunes en petits groupes, ils viennent pour poser une question et, finalement s'installent pour parler. Ils prennent par exemple le prétexte d'un travail dans le cadre d'un TPE sur le sommeil, sur l'IVG.... Ils savent que nous sommes tenues par la règle de confidentialité et je prends d'ailleurs toujours le temps de le leur rappeler.

InfirmerieLes adolescents ont besoin de donner du sens à leurs comportements, ils ont besoin d'échanger avec leurs pairs, leurs proches. L'année dernière, une fois par mois, nous avons proposé un atelier de relaxation avec une psychologue, parmi la vingtaine de jeunes participants, certains étaient assidus. De plus en plus, ils sont demandeurs d'aide pour gérer leurs inquiétudes scolaires, personnelles, familiales. Pour compléter notre écoute, nous mettons à leur disposition des brochures sur différents thèmes qui les concernent (sexualité, consommation de drogues, d'alcool, violences hommes/femmes, stress, sommeil, etc.) mais aussi une liste de coordonnées qui peuvent leur être utiles à l'extérieur du lycée (points écoute, association de prévention, planning familial, etc.). Ces documents sont proposés dans la salle d'attente de l'infirmerie et distribués via les professeurs ou à l'occasion des actions de prévention organisées pendant l'année. D'ailleurs, nous les orientons assez souvent vers ces lieux ressources.

En tant qu'infirmière scolaire, comment percevez-vous l'arrivée
de l'ENT ?

Grâce à l'ENT, nous pourrons être plus réactifs. Nous travaillons évidemment en relation étroite avec les équipes pédagogiques. Par exemple, quand je vois un élève trop souvent (cinq ou six fois), je prends contact avec le CPE et le professeur principal de sa classe pour leur faire part de mes interrogations par rapport à la situation de cet élève. Nous pouvons ainsi réfléchir ensemble aux aménagements nécessaires pour palier à ses difficultés. Au préalable,  je prends soin de recueillir l'accord de l'élève, c'est indispensable pour qu'il se sente soutenu par une équipe tout en  respectant la confidentialité de notre entretien. L'ENT facilitera notre travail de communication avec les enseignants au service des élèves.

Un grand nombre de ressources que nous distribuons ou mettons à disposition aujourd'hui sous forme papier pourra être transmis via l'ENT.

Parc de Vilgénis - Bien vivre ensembleÊtes-vous amenées à travailler de manière régulière  avec d'autres membres de la communauté éducative ?

Dans notre lycée par exemple, le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) est très dynamique. Nous travaillons avec de nombreux partenaires à l'intérieur mais aussi à l'extérieur du lycée. Les parents sont également des partenaires importants. Pouvoir les contacter facilement, nous serait très utile.

En principe, nous nous réunissons une fois par trimestre (mais dans les faits davantage) pour mettre en place les actions de prévention, notamment sur les conduites à risque. Depuis trois ans, nous organisons en octobre le forum « Bien être, bien vivre ensemble ». Il lance l'année de prévention au lycée. Nos partenaires tiennent des stands et présentent leurs actions. Le forum cible principalement les élèves de seconde dont l'emploi du temps est banalisé de 13h30 à 17h30. Cette année, nous avons étendu sur le temps de déjeuner ces possibilités de rencontre aux autres niveaux.

Pensez-vous que l'ENT vous sera utile dans ce cadre ?

A travers les services de communication et de mutualisation de ressources, l'ENT nous sera sans aucun doute utile pour organiser le forum et de manière plus générale, pour organiser les actions de prévention qui se déroulent tout au long de l'année. Il nous permettra également de faire vivre de manière plus dynamique notre réseau de partenaires, de renforcer les liens.

Et pour l'accompagnement des élèves ?

Avec l'ENT, nous pourrons plus facilement faire circuler l'information au sein de l'équipe éducative mais aussi avec les parents

Pour certains élèves, nous avons besoin de travailler de manière plus collaborative. C'est le cas par exemple des élèves pour lesquels un projet d'accueil individualisé (PAI) est en place. Avec l'ENT, nous pourrons plus facilement faire circuler l'information au sein de l'équipe éducative mais aussi avec les parents. Cela nous permettra d'être au plus près de l'élève et de ses besoins, d'être plus dynamique dans notre accompagnement.

Avec l'ENT, nous pourrons plus facilement faire circuler l'information au sein de l'équipe éducative mais aussi avec les parents

Sur le site du lycée, il est fait mention d'un café des parents, pouvez-vous nous en parler ?

Depuis deux ans, nous avons mis en place un café des parents sur différents  thèmes de prévention, il se tient un samedi matin par trimestre à l'extérieur du lycée. Nous travaillons notamment avec l'association APASO [www.apaso.fr]. C'est un temps convivial qui nous permet de nous rapprocher des parents, de les soutenir dans leur rôle d'éducateur. Il est fréquent qu'à l'issue de la matinée, des parents sollicitent les intervenants pour des entretiens individuels. Il nous est encore difficile de toucher la majorité des parents, ils sont en moyenne une vingtaine par rencontre. Cette année, nous abordons trois thèmes : la vie affective des adolescents, le mal-être et les troubles des apprentissages. Nous pourrions utiliser l'ENT pour mieux communiquer autour de ces rencontres.

Bureau d'Anne-Marie MalletMontez-vous des actions avec les enseignants ?

Nous sommes bien identifiés par les équipes pédagogiques du lycée. Les CPE comme les enseignants nous contactent lorsqu'ils savent un élève confronté à des difficultés personnelles ou qu'ils pensent qu'une situation est potentiellement à risque. Par exemple, récemment pour accompagner des élèves d'origine haïtienne affectés par le séisme subit par leurs proches. Parfois, nous allons dans les classes pour co-animer des séances avec les partenaires mais nos disponibilités sont limitées. Nous souhaitons développer la mise en place des projets en concertation plus étroite avec les équipes pédagogiques.

Dans les relations avec les enseignants, pensez-vous que l'ENT pourra vous être utile ?

Chaque année, en lien avec les cafés des parents et les thèmes de prévention présentés aux élèves, nous organisons des rencontres d'information pour les enseignants. L'ENT pourra sûrement nous aider à les mobiliser. En novembre, lors de l'atelier proposé sur les troubles de l'apprentissage, ils n'étaient que 13 présents sur 300,  c'est forcément un peu décevant pour les organisateurs !  Pourtant, suite à cette rencontre, plusieurs enseignants nous ont demandé si nous disposions d'un compte-rendu ou d'un dossier sur le sujet car ils avaient eu de bons échos. Pour ce type de demande aussi, l'ENT pourra être utile.