Fan de Lilie

Florence Liegard est professeur de sciences physiques au lycée Gustave Eiffel de Malakoff. Depuis cette année, elle utilise Lilie dans le cadre de l'enseignement exploratoire de méthodes et pratiques scientifiques. L'enthousiasme dont elle fait preuve impressionne.

Florence Liegard, professeur de sciences physiques, lycée Gustave Eiffel, Cachan


Florence Liegard est, depuis près de 4 ans, professeur de sciences physiques au lycée Gustave Eiffel de Cachan.

Jusqu'à cette année, Florence n'utilisait pas l'informatique avec ses élèves bien qu'elle soit à l'aise avec les TIC. Ce sont ses collègues de physique et de SVT qui lui ont donné envie de s'essayer à Lilie dans le cadre de leur enseignement exploratoire conjoint de méthodes et pratiques scientifiques (MPS). Après quelques mois de pratique, l'enthousiasme dont elle fait preuve est impressionnant.


Quelques éléments de contexte à connaître avant de lire l'entretien

  • Empreinte digitaleL'enseignement exploratoire de MPS mis en place au lycée Gustave Eiffel est centré sur l'investigation policière. L'objectif est de se mettre dans la peau d'un technicien de la police scientifique et de produire le rapport d'expertise lié à une scène de crime virtuelle en se fondant sur l'analyse d'indices variés pour lesquels des outils scientifiques sont utilement employés : analyse de produits trouvés sur la scène du crime, de traces, empreintes, détermination de trajectoires de balles, etc. Pour en savoir plus (format PDF).
  • Il concerne des élèves de seconde répartis en environ 16 binômes. Les séances concernent à chaque fois une moitié du groupe, soit 8 binômes.
  • L'enseignement couvre une période de  6 mois à raison de séances hebdomadaires de 3 heures.  Les séances alternent 3 disciplines : mathématiques, SVT et sciences physiques.

Pouvez-vous nous dire dans quelles circonstances vous vous êtes lancée dans l'usage de Lilie ?


L'an dernier, mes collègues enregistraient leurs résumés de séance dans le cahier de textes de MPS créé sur Lilie. Cette année, je me suis dit qu'il fallait que je m'y mette aussi. En réfléchissant, j'ai choisi de procéder  différemment. Le cahier de textes n'est pas seulement utile en fin de cours mais tout au long des séances. Je conçois le cahier de textes de Lilie comme un outil de laboratoire.

GuillemetJe suis là pour apporter une aide individualisée, je circule d'un groupe à l'autre, je regarde la manière dont ils procèdent, j'interviens ou non selon les cas.En début de séance, chaque binôme créé son cahier de textes pour le TP du jour. Il va y inscrire la progression de son analyse tout au long de la séance. Les élèves doivent consulter les cahiers des autres binômes pour confronter leurs résultats et leur démarche, ils sont invités à se commenter les uns les autres. Bref, ils font tout par eux-mêmes.

 

En quoi est-ce différent de la manière dont vous travailliez auparavant  dans le cadre de cet enseignement ?


Indice
C'est simple : ça n'a plus rien à voir ! Avant, les élèves étaient beaucoup moins autonomes, nous progressions tous au même rythme, ce qui alourdissait la séance.  Je devais rythmer moi-même la progression.

Maintenant, ils travaillent seuls, chaque binôme avance à son rythme à partir de la trame de travail que je mets à leur disposition sur Lilie. C'est à eux de se l'approprier. Je ne réponds plus aux interpellations incessantes qui caractérisaient jusqu'ici les séances : « Madame, je fais quoi là ? etc. ». D'une certaine manière, ils étaient paresseux, ils ne faisaient pas l'effort de lire. Je constate que la communication s'est développée au sein du groupe, la communication écrite et non plus orale.

GuillemetRéfléchir à ce que je pouvais faire avec Lilie m'a ouvert l'esprit à d'autres supports de travail »Et puis, jusqu'ici, ils consultaient uniquement les documents imprimés que je leur remettais pendant la séance. Aujourd'hui, je leur demande de faire des recherches sur Internet. Réfléchir à ce que je pouvais faire avec Lilie m'a ouvert l'esprit à d'autres supports de travail. Je veux montrer aux élèves qu'il existe différentes sources d'information : Internet, les ressources mises  à leur disposition dans les espaces de partage de Lilie et la petite bibliothèque que j'installe pour certaine séance dans la salle. Je leur propose au final une plus grande variété de supports.

 

Comment vos élèves réagissent-ils à ces changements ?


Les élèves adorent ! C'est plus ludique qu'auparavant mais ce n'est pas l'essentiel.

Comme ils doivent être autonomes au cours de la séance, ils sont amenés à se faire davantage confiance et progressivement, ils se libèrent dans leur rapport à l'apprentissage. J'ai pu le constater avec la prise de notes par exemple. Pendant les cours « normaux », lorsqu'on leur demande de prendre des notes, ils paniquent, ils veulent à tout prix retranscrire mon propos mot pour mot. Là, ils notent spontanément les mots clés, ça se fait tout seul, c'est incroyable !

Elèves de Florence Liegard

Mais il faut dire que la première séance de l'année a été difficile, ils ont paniqué, ils soupiraient. Ils étaient déroutés et moi aussi d'ailleurs ! Mais j'ai tenu bon, je leur ai expliqué que s'ils ne faisaient rien, il ne se passerait rien, que c'était à eux de travailler et de lire les documents pour avancer. Et puis, au bout d'une heure, il y a eu comme un déclic, ils sont allés voir les cahiers de textes des autres groupes, ils se sont pris au jeu. Après un début de séance chaotique, j'étais stupéfaite de constater qu'ils s'étaient finalement tous plongés à fond dans leur TP.

Par ailleurs, l'enseignement exploratoire est un contexte propice pour s'essayer à de nouvelles pratiques. J'ai le temps de les laisser réfléchir, faire à leur rythme. Au final, l'initiative leur revient. Ce n'est pas moi qui mène la danse. J'ai réalisé combien ils en ont besoin, ça les déstresse.

 

Et pour vous, la mise en place de ces séances n'a-t-elle pas été trop lourde ?


Je m'en faisais une montagne mais maintenant que mon TP est réorganisé, ça ne me coûte pas plus de temps. Ça me simplifie mêmes les choses, je n'ai plus de cahiers à récupérer et puis, ma pratique s'est enrichie. Je peux commenter les cahiers des élèves entre deux séances, individualiser davantage alors qu'auparavant, je corrigeais la séance de façon collégiale.

GuillemetCe n'est plus la même façon de travailler. Je dois dire que je suis fan. Pour moi, c'est une révélation ! Plus j'avance, plus j'ai d'idées et pas seulement pour l'enseignement exploratoire de MPS. Je voudrais aussi utiliser Lilie avec mes autres classes et dans le cadre de mon enseignement courant. »Cette année, comme je découvrais l'ENT, j'ai concentré mes efforts et je me suis focalisée sur le cahier de textes. Mais j'utilise aussi la messagerie et les espaces de partage sur lesquels je mets à disposition les notices d'utilisation des appareils, les photos de la scène de crime, les vidéos que je tourne pendant les expérimentations. L'an prochain, pour faciliter les échanges entre les élèves en cours de séance, j'opterais peut être pour le blog. C'est un collègue qui me l'a suggéré.



Pour compléter son témoignage, Florence Liegard nous a proposé d'assister à la prochaine séance de MPS qui se tiendra en mars. Rendez-vous donc dans quelques semaines pour découvrir le compte-rendu de cette séance « 100 % Lilie ».