En attendant Lilie et les manuels numériques

En attendant Lilie et les manuels numériques

Une semaine après la rentrée, les parents d'élèves de seconde du lycée Camile Saint Saëns de Deuil-La-Barre sont invités par le proviseur, Mr Padiolleau, pour une présentation de l'établissement.
Ils sont nombreux, plus de 200 parents, curieux et attentifs...

Camille St Saëns Réunion de parents

Une semaine après la rentrée, les parents d'élèves de seconde du lycée Camille Saint Saëns de Deuil-La-Barre sont invités par le proviseur, Mr Padiolleau, pour une présentation de l'établissement.

 

Ils sont nombreux, plus de 200 parents, curieux et attentifs. Avant de rejoindre, dans une salle de classe, le professeur principal de la classe de leur enfant, ils sont rassemblés dans le réfectoire du lycée.

 

La parole est d'abord donnée aux représentants des trois fédérations de parents d'élèves : l'AIPE, la FCPE et la PEEP (par ordre alphabétique...). Toutes les trois encouragent vivement les parents à s'engager, à s'exprimer, à voter.

 

Les questions fusent sur les sujets sensibles : emplois du temps, nombre d'élèves par classe, continuité du service de notes en ligne (Pronotes) auxquels les parents sont habitués et se sont attachés, retards dans la distribution des manuels imprimés et accès aux manuels numériques....

 

Lilie est, elle aussi, au rendez-vous. La correspondante ENT, Brigitte Hervé, connaît bien l'établissement. Pour le moment, seuls les professeurs et le personnel ont reçu leur identifiant. Les parents le recevront dans le courant du premier trimestre. La démonstration terminée, le proviseur rappelle les avantages de Lilie et des manuels numériques. Très impliqué dans le passage au numérique, il est conscient des dérives possibles et souhaite continuer à travailler sur ce sujet avec les parents et leurs représentants.

 

Pour l'heure, le service « réservation de ressources » (réservation de salles d'informatique par exemple), est déjà activé dans l'établissement. En attendant les autres...

Camille St Saëns Réunion de parents

 

Quatre parents

 

Pascale Dugat

  Pascale Dugat

« Ma fille Laurine entre en seconde.

Je connais le lycée parce que mon fils y a été élève.

L'usage de l'ordinateur, d'Internet, de Lilie ne nous pose pas de problème. Nous sommes bien équipés à la maison, avec le Wifi. Ma fille a un portable. Elle est comme tous les jeunes de son âge, elle est sur FaceBook et se sert beaucoup de son ordinateur. Enfin, je ne sais pas exactement. Moi, cela ne m'intéresse pas trop. Mais je lui fais confiance, il y a un pacte de confiance entre nous. Elle gère son temps, je sais qu'elle connait les dangers d'Internet.

 

Au collège, elle n'a pas eu beaucoup d'usages scolaires, sauf avec une professeure d'anglais avec laquelle elle échangeait par mail. Mais moi, non, je n'ai jamais eu d'échange avec les professeurs. Je serais intéressée pour communiquer avec eux de cette façon. Ce serait plus facile. On est plus libre que face à face. Les manuels numériques, par contre, je suis plus sceptique. J'aime bien le papier, je m'inquiète pour les yeux de mes enfants.

 

Oui, je crois que Lilie pourrait être utile. Avec mon fils, les choses ne se sont pas très bien passées. Il avait des problèmes de santé et je me suis heurtée à de nombreuses difficultés. Peut-être que cela aurait aidé si on avait pu communiquer par Internet ; je peux imaginer que cela m'aurait donné accès à des choses ou des gens que je ne connaissais pas forcément et qui auraient pu m'aider. Dès que vous n'êtes pas sur les rails, vous n'êtes pas intéressants, vous n'êtes pas soutenus. Alors oui, pourquoi pas, peut-être que Lilie sera utile dans ces cas-là. »

 

Pascal Postec - Président de la FCPE

 

Pascal Postec« La FCPE est favorable à l'ENT sous la réserve que l'égalité d'accès soit assurée pour toutes les familles. C'est un problème auquel nous sommes déjà confrontés avec les voyages scolaires. Il y a des solutions. À titre personnel, je pense que la région pourrait aider les familles défavorisées qui ne sont pas équipées, comme elle le fait pour la demi-pension.

 

Je suis favorable à la communication en ligne mais je pense aussi que cela ne remplace pas les relations face à face. Les livres scolaires numériques, je trouve que c'est une bonne chose ; cela résoudra les problèmes de disponibilité comme ceux que nous avons cette année en seconde.

 

Pour mes propres enfants, je suis prudent. Ils ont besoin d'être éduqués. Mon fils n'a pas de PC dans sa chambre, ni de télé. Nous avons une pièce libre avec un ordinateur et un accès Internet. C'est là qu'il peut travailler, ou jouer. Si l'ordinateur était dans sa chambre, il serait tenté en permanence et pourrait y passer la nuit. Ce n'est pas une question de confiance. Je sais qu'il ne pourra pas résister à la tentation. Alors, je lui évite. »

 

Lucien Corinthe - Président de la PEEP

  Lucien Corinthe

« C'est un outil qui favorise la proximité avec les enseignants. Ici le proviseur tente d'initier les enseignants et les parents à l'usage de l'ENT. Notre rôle, en tant qu'association, c'est d'inciter les parents à l'utiliser, notamment pour correspondre avec les enseignants. C'est déjà le cas à travers les notes et l'accès aux cahiers de texte. Le cahier numérique deviendra obligatoire à la rentrée prochaine.

 

De leur côté, les parents peuvent aussi bien se préparer psychologiquement au conseil de classe que réprimer leur enfant pour ses mauvais résultats. Les parents apprécient aussi d'être au courant des absences. C'est intéressant de trouver l'information en ligne notamment sur l'actualité du lycée, les dates de réunion par exemple. En revanche, je ne sais pas si cet outil va favoriser la discussion entre les parents et leur enfant.

 

J'entends bien que c'est un support supplémentaire au dialogue entre les élèves, les enseignants et les parents. Mais tout de même un malaise existe, la fracture numérique n'est pas réglée. Je pense que la responsabilité de la région, c'est d'équiper notre établissement, par exemple au CDI, il n'y a que 9 postes. On se bat pour un équipement informatique plus conséquent. Pour les familles qui ne sont pas équipées, on a du mal à accepter qu'un élève aille faire ses devoirs dans un cyber café. Ici, tout le monde n'a pas accès à  internet. C'est ma préoccupation.

 

Je constate le manque de participation des parents. C'est comme si l'intérêt collectif ne les regardait pas. Les parents sont trop individualistes, notre rôle est de faire en sorte qu'ils pensent plus global. J'espère que l'ENT ne va pas renforcer encore les  pratiques individualistes. »

 

 

Philippe Marquet - Président de l'AIPE de Deuil la Barre

  Philippe Marquet

« Lilie n'apporte rien de plus que Pronotes que nous avons déjà. On n'a pas attendu l'ENT pour communiquer avec les enseignants et l'intendance. Je crains plutôt que cela crée un espace où les parents ne vont pas dire les choses en face ; c'est une dérive possible. Les parents pourraient « se lâcher » et cela risquerait d'aggraver le lien entre les parents et les enseignants. L'ENT ne doit pas devenir un lieu de règlement de compte. Le risque, c'est le débordement. L'important c'est le contact réel avec les élèves. Je suis encore sceptique quant à l'utilité et le bon usage de cet outil. Les élèves sont trop jeunes pour ça.

 

On sait déjà que les parents consultent peu le site de l'AIPE, je n'imagine pas qu'ils iront davantage sur Lilie. Peut-être que cet outil arrive un peu tard. On ne peut pas obliger les enseignants à mettre tous les jours les notes en ligne. Certains n'utilisent toujours pas leur adresse académique ! Cela fait 10 ans qu'ils en ont une et seulement une minorité l'utilise. Vous imaginez avec Lilie ! Cependant, je vois l'intérêt d'un outil commun à l'ensemble de la région.

 

Moi, en tant que père, je vais consulter les notes de mon fils régulièrement. C'est mon affaire, je n'ai pas à discuter de cela avec lui. »