Carrément impliqués !

Carrément impliqués !

Ils étaient 13 proviseurs, adjoints et chef de travaux à avoir répondu à l’invitation de la Région pour tirer les leçons de trois ans de déploiement de Lilie dans les lycées franciliens et revenir sur le bilan sévère qu’en a tiré une enquête du SNPDEN.

Martine May-Godard

Martine May-Godard, directrice des politiques éducatives et de l'équipement à la Région Île-de-France, était venu dire la détermination de la Région à répondre aux insatisfactions des équipes de direction et des usagers de Lilie. Elle a également rappelé son attachement au projet d'un ENT sous licence libre, aujourd'hui déployé dans plusieurs Régions et Départements. Mais tout particulièrement, elle souhaitait écouter les demandes et les propositions des proviseurs, des adjoints et des chefs de travaux qui participaient à ce premier atelier de travail.

Un mauvais départ ?

Les représentants des lycées rappellent les difficultés rencontrées par les équipes des premières vagues de déploiement qui ont eu le sentiment d'essuyer les plâtres d'une solution inaboutie et qui ne supportait pas la comparaison avec les logiciels de vie scolaire qu'ils utilisaient habituellement.

Par ailleurs, certains services de Lilie, tels que l'agenda ou le partage de documents, sont jugés moins performants que des services gratuits, ceux offerts par Google notamment. Il est certes normal de comparer Lilie avec les produits du marché et en particulier les logiciels de vie scolaire. Mais il ne faut pas oublier que l'ENT n'est pas un logiciel de vie scolaire ni un logiciel spécialisé, mais une plateforme de communication communautaire.

Un proviseur fait à ce propos observer que ce qui apparait parfois comme une contrainte peut, avec un peu de recul, se révéler utile. Ainsi, le caractère fermé de la messagerie empêche que l'on réponde directement à un message posté depuis l'ENT et que l'on a fait suivre sur une messagerie externe. Il faut donc prendre le temps de se connecter à l'ENT et le temps aussi de réfléchir à ce que l'on peut ou doit répondre. C'est au final une bonne chose, à l'heure de l'inflation des mails.

On observe également que plusieurs défauts et faiblesses initiales de Lilie ont été corrigées et que, en dehors des services qui continuent de poser problème, comme le cahier de textes, d'autres fonctionnent correctement et donnent satisfaction. Le cas d'un lycée où les blogs ont été très utilisés par le CVL est mentionné. On peut donc y arriver...

Atelier 1 - Procédure de synchronisation

Il aurait mieux valu...

Finalement, entre la première et la troisième année, les modules de l'ENT ont peu évolué. Dans ces conditions, n'aurait-il pas mieux valu commencer avec quelques outils simples, fonctionnant parfaitement, et n'introduire les autres que progressivement ?

On ne refait pas l'histoire, mais on peut tenir compte de ses enseignements. Ainsi, pour regagner la confiance des usagers, il faudrait insister sur les services qui, aujourd'hui, fonctionnent bien : la messagerie, la réservation de ressources, les blogs, les forums, d'autres encore.

Des chefs d'établissement font observer qu'il aurait aussi mieux valu aussi peut-être que la Région fasse preuve d'un optimisme et d'une communication plus mesurés. Insister sur la nécessité d'une bonne organisation dans le lycée pour assurer le déploiement de l'ENT donne parfois l'impression que l'établissement est responsable des difficultés qu'il rencontre. Ce serait bien sûr injuste. Il n'en reste pas moins qu'une bonne organisation est nécessaire, personne n'en disconvient.

Atelier 2 - Communication - Concertation

Ce qu'il faut faire à présent

La certification de l'annuaire ENT par l'annuaire fédérateur est une acrobatie inutile. Il faut synchroniser les outils du système d'information de l'établissement, en complétant au jour le jour le circuit d'alimentation des données vers STS et SIECLE par une alimentation directe. Cette synchronisation académique est évidemment nécessaire mais elle pourrait se faire à un rythme différent.

Dès le début de l'année, dès que les classes et les groupes sont constitués, les services de l'ENT et ceux de l'emploi du temps doivent être parfaitement synchronisés et actualisés, quasiment en temps réel.

De façon plus générale, les proviseurs demandent que Lilie s'inscrive dans une "logique utilisateur", que les besoins et les contraintes de l'établissement, à commencer par celles relatives à la synchronisation des données de l'annuaire, soient prises en compte dès le départ. Il faut baser le raisonnement sur les établissements et les usagers qui n'y arrivent pas, comprendre leurs raisons et leur apporter des solutions.

Il faut également faire évoluer certains services, en particulier le cahier de textes. Tout le monde reconnait que c'est un service de qualité mais il est trop éloigné des pratiques courantes des enseignants : "Le professeur lambda ne peut pas entrer dans cette logique". Il faut donc un cahier de textes simple, immédiatement utilisable.

Atelier 3 - Services de l'ENT

Trois ateliers

Après ce premier échange, les participants se sont répartis en trois groupes, autour de trois thématiques qui prolongeaient bien ces premiers échanges.

Dans le premier atelier, on a échangé sur la procédure de synchronisation des données de l'emploi du temps et de l'ENT : simplicité et autonomie de l'établissement dans la gestion de ses données.

Le deuxième atelier a traité de la question de la communication, de la mutualisation des pratiques et de concertation entre les établissements, la Région et les services académiques : formation, information, mutualisation.

Le troisième atelier a porté sur les évolutions à envisager pour les services de Lilie, la façon dont les services existants pourraient être améliorés et les nouveaux services qui mériteraient d'être introduits.

* * *

A l'issue de cette rencontre jugée très fructueuse, les participants se sont entendus pour se retrouver le 12 juin afin de poursuivre les échanges engagés et de préparer la rentrée de septembre 2013.

A lire ailleurs

REPRESENTANTS DES ETABLISSEMENTS PRESENTS

  • Martine DUVAL, proviseure, lycée Paul Robert, Les Lilas (académie de Créteil)
  • Jean-Luc HERAUD, proviseur, lycée Champlain, Chennevières sur Marne (académie de Créteil)
  • Ahmed MENZER, chef des travaux, lycée Gabriel Péri, Champigny (académie de Créteil)
  • Alain SURAN, proviseur honoraire
  • Daniel HUMBERT, chef des travaux, lycée Jean Lurçat, Paris
  • Jean-Claude LAFAY, proviseur, lycée Pierre-Gilles De Genne, Paris
  • Jacqueline MARGUIN, proviseure, lycée Jean-Batiste Sée, Paris
  • Christian QUESQUE, proviseur, lycée François Truffaut, Paris
  • Donatelle POINTEREAU, proviseure, lycée Ravel, Paris
  • Olivier SELLIER, proviseur, lycée Gustave Eiffel, Paris
  • Isabelle BOUDJEMADI, adjointe, lycée Michelet, Vanves (académie de Versailles)
  • Joel CANTAUT, proviseur, lycée Alfred Kastler, Cergy-Pontoise (académie de Versailles)
  • Francois TORRES, proviseur, lycée Gustave Monod, Enghien les Bains (académie de Versailles)
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